Entrepreneuriat en Côte d'Ivoire : la Fondation AWI forme sur la fixation des prix des produits
Pour la reprise des permanences de la Fondation AWI au titre de l’année 2025, plus d’une quinzaine d’entrepreneurs ont été formés sur la question de la fixation du prix d’un produit.
La rencontre s’est tenue le jeudi 27 février dans les locaux de cette fondation, à Cocody Riviera Golf. Le ministère du Commerce et de l’Industrie était représenté à travers l'Office d'Aide à la Commercialisation des Produits Vivriers (OCPV), ainsi que le ministère de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, représenté par la Direction générale de la Lutte contre la Pauvreté.
Pour M. Assi Nestor, expert
en marketing et conférencier du jour, la fixation du prix de vente d'un produit
est un travail important pour un entrepreneur, car le coût du produit proposé
doit être juste pour que les clients soient suffisamment intéressés.
« Pour la fixation du prix,
les entrepreneurs doivent prendre en compte plusieurs aspects, à savoir le taux
de marge, le coût de revient, la concurrence et la législation sur le marché »,
a-t-il expliqué, en rappelant qu’il faut aussi tenir compte du positionnement
de son entreprise : « soit l’entrepreneur vient en tant que leader, suiveur ou
entrant sur le marché ».
Mme Yao Gladys, co-gérante
de la Société Ivoirienne de Transformation du Vivrier (SITRAV), s'est davantage
penchée sur la concurrence. En tant qu'entrepreneure dans le secteur de la
transformation du vivrier, elle a analysé le prix des produits vivriers sur le
marché local, en se concentrant sur les points faibles et forts de ces
produits. « Nous avons réalisé un sondage, et nous avons ajouté un plus à notre
produit », a-t-elle ajouté.
Mme Motchian Assoh, de la
direction de la Concurrence au ministère du Commerce et de l’Industrie, a
précisé que la Côte d’Ivoire a adopté le libéralisme économique comme cadre
réglementaire. De ce fait, chaque opérateur est libre de fixer ses prix. Cependant,
l'État a pris soin d’encadrer ces activités commerciales par une série de lois
et d’ordonnances.
En effet, « l’ordonnance
2013-662 du 20 septembre 2013 relative à la concurrence a été prise afin de
réguler la concurrence sur le marché, protéger les entreprises et contrôler les
pratiques anticoncurrentielles », a-t-elle indiqué.
La présidente de la Fondation AWI, Mariam Fadiga Fofana, présente lors de cette activité, a souligné l’importance de fixer les prix. « Chaque année, nous choisissons des thématiques qui vont de la production à la commercialisation. Chemin faisant, nous avons perdu certaines auditrices qui étaient très intéressées par l'entrepreneuriat. Après avoir gravi les échelons, nous nous sommes rendu compte que, pour élaborer un produit, elles n’étaient pas suffisamment accompagnées. Le produit était bon, le packaging aussi, mais le prix fixé ne permettait pas de renouveler le produit. Aujourd’hui, nous avons décidé d’éclairer la lanterne des entrepreneurs sur cette question pour montrer aux gens que le prix est important ; c’est le prix qui va permettre de rester sur le marché », a-t-elle insisté.
Awi Permanence est un cadre
de rencontres et d’échanges entre les femmes entrepreneures et les structures
intervenant dans leurs secteurs d’activité, autour de leurs attentes et préoccupations.
Selon Mariam Fadiga Fofana, la Fondation a pour ambition d’organiser six
sessions, tant à Abidjan qu’à l’intérieur du pays, afin de faciliter l’accès
aux informations nécessaires pour le développement de leurs activités et
contribuer également au développement de leurs communautés. Ce programme vise
aussi à promouvoir les services offerts par les structures partenaires.